Tout ce qui pousse le long des routes

Tout ce qui pousse le long des routes

La force de la nature ne se niche pas nécessairement en forêt, aux sommets des montagnes ou dans les jardins parfaitement entretenus. Elle éclot parfois à nos pieds, le long des trottoirs, au bord des voies cyclables, dans les espaces verts autour des bâtiments administratifs, entre les places de stationnement, les bancs publics et les boîtes aux lettres.

Nous passons souvent devant sans même y prêter attention. Ces endroits regorgent pourtant de petites merveilles de la nature au caractère étonnant : plantain lancéolé, millefeuille, pissenlit, ortie, chicorée sauvage ou sureau. Autant de plantes que nombre d’entre nous avons déjà vues des millions de fois et que l’on connaît pourtant à peine.

Mais qu’est-ce qui pousse par-là ?

À jongler entre nos rendez-vous, nos messages et nos activités, nos journées de travail filent souvent comme un éclair. Nos yeux sont rivés à l’écran, à moins que nous soyons déjà en train de consulter notre agenda à la recherche de la prochaine tâche.

La nature fonctionne autrement. Elle ne se presse pas. Elle se développe, tout simplement. Tranquillement, résolument et parfois avec un brin de désinvolture.

Le pissenlit, par exemple, réussit l’exploit de pousser dans les plus petites failles d’asphalte. L’ortie pose des limites claires. La chicorée sauvage donne aux rues des atours bleus, qu’on ne verrait même pas si l’on regardait toujours devant soi. Et le parfum du sureau nous rappelle que l’été n’est pas qu’une question de température : c’est aussi des sensations.

Ne pas cueillir ! Profiter simplement de ce qui nous entoure.

Pour beaucoup, les plantes évoquent des tisanes, des baumes ou des remèdes de grand-mère. Mais ce n’est pas notre sujet ici.

La nature nous fait du bien avant même qu’on en ramasse, sèche et utilise les fruits. Tout commence bien avant, dans sa contemplation.

Quelles plantes poussent sur le chemin qui te mène au travail ? Quelles fleurs vois-tu pendant ta pause de midi ? Quelles feuilles es-tu capable de reconnaître ? Dans quel coin entends-tu des bourdonnements ? Où flottent les senteurs estivales ? Quelles plantes as-tu déjà vues des centaines de fois sans vraiment les regarder ?

Se poser ces questions change notre regard. D’un coin de verdure jaillit soudain la diversité. Un simple accotement se transforme en milieu de vie. Cinq minutes de pause à l’extérieur est une évasion pour l’esprit.

Une autre forme de pause

Une « pause botanique » ne nécessite aucun équipement. Nul besoin de pique-nique, de carte de randonnée, d’un après-midi libre.

Il te suffit d’un moment.

Sors cinq minutes durant ta pause de midi ! Trouve-toi une petite bande de verdure, un bout de gazon, un arbre, une bordure de sentier ou une cour intérieure. Ne cherche rien de particulier. Contemple simplement ce qui est là.

Peut-être apercevras-tu une plante que tu connais ou une autre dont le nom t’échappe. Tu surprendras éventuellement une abeille en train de butiner une fleur ou une plante à un endroit où tu n’aurais jamais imaginé trouver de la vie.

Ces petits moments nature mettent notre autopilote en pause. Ils nous libèrent l’esprit, sans qu’on ait besoin de faire quoi que ce soit.

Et il se peut fort bien que quelque chose change. Sans fracas. Peut-être pas tout de suite. Mais avec le temps.

En se reconnectant à la nature, on perçoit le quotidien sous un autre jour. Plus tranquillement. Avec davantage d’acuité. On est plus présent au monde qui nous entoure.

Le petit conseil de NaturaVital

Fais une petite « pause botanique » dès aujourd’hui !
Sors cinq minutes et trouve une plante en fleur. Cherche des insectes du regard. Observe, sans faire de bruit.
Peut-être surprendras-tu une abeille, un bourdon ou tout autre chose.
Tu n’as pas besoin de savoir ce que c’est. Le simple fait de constater qu’il y a de la vie suffit.
Et c’est peut-être bien cela le plus beau pouvoir de la nature : elle continue à s’épanouir calmement, même si cela nous échappe bien souvent.