L’ortie, une plante sous-estimée

L’ortie, une plante sous-estimée

L’ortie n’a pas bonne presse. Qui s’y frotte s’y pique. Elle brûle, irrite, démange, bref, on ne risque pas de l’oublier.

C’est sans doute ça son problème. On n’en garde que ce souvenir : aïe !

Pourtant, elle a bien d’autres vertus que celle de poser des limites. Elle est robuste, pousse le long des sentiers, dans les coins sauvages, derrière les clôtures, au bord des jardins et parfois précisément aux endroits que l’on préfèrerait quelque peu entretenus. Elle ne se demande pas si elle est bienvenue. Elle est là, tout simplement.

Et au fond, c’est assez impressionnant.

Un caractère résolu

L’ortie fait ce qui est difficile pour nombre d’entre nous : elle pose clairement les limites. Quiconque l’approche de trop près reçoit un avertissement. Pas agressif ni offensé, tout simplement ferme. C’est sa façon de nous intimer l’ordre de ne pas aller plus loin.

Ça peut paraître un brin effronté, mais il y a sans doute une petite leçon à en tirer. Car on a bien souvent besoin aussi de poser des limites au travail : entre concentration et disponibilité constante ; entre désir de rendre service et surcharge de travail ; entre engagement et besoin d’en faire toujours plus. L’ortie nous rappelle que poser des limites n’enlève rien à notre valeur. On peut très bien être utile sans se rendre disponible pour tout et n’importe quoi.

Plus qu’une mauvaise herbe

Quand on y regarde de plus près, on découvre une plante abritant une vie débordante. L’ortie est importante pour de nombreuses chenilles de papillon. Certaines espèces connues s’en nourrissent. Ce que nous prenons pour de la mauvaise herbe est une chambre d’enfant, un buffet, un lieu de vie pour d’autres espèces.

C’est typique de la nature : elle n’est rarement que ce qu’elle paraît au premier coup d’œil. C’est peut-être bien pour cela que l’ortie se plaît tant le long des sentiers. Là où l’ordre côtoie le sauvage, où l’on passe sans regarder. Elle nous dit à sa manière que ce qui est désagréable peut avoir de la valeur.

Ce qu’elle nous enseigne

L’ortie ne cherche pas à plaire. Ce n’est pas une rose, de la lavande, un joli bouquet de fleurs pour la table de conférence. Elle est indocile. Directe. Résistante. C’est justement ce qui la rend instructive pour notre vie professionnelle : elle nous rappelle que tout ne doit pas nécessairement être doux et agréable pour être important. Que des avertissements clairs peuvent être utiles. Qu’on puise aussi de l’énergie en ne courbant pas sans cesse l’échine. On aurait bien besoin d’une brassée d’ortie au bureau : des mots clairs, des limites saines et le courage de ne pas être tout le temps docile.

Le petit conseil de NaturaVital

Fais une « pause limites » dès maintenant !

Pose-toi les questions suivantes : En quoi ai-je besoin de suivre l’exemple de l’ortie ? Dans quel domaine ai-je le droit de poser plus clairement des limites ? À quoi puis-je dire « non » sans pour autant manquer d’amabilité ?

La nature a parfois le pouvoir de nous apporter autre chose que l’apaisement : elle nous rappelle aussi qu’il faut défendre nos valeurs.